Natacha Paquier, une guerrière face à l’insuffisance rénale
Accueil » Actualités » Natacha Paquier, une guerrière face à l’insuffisance rénale
- Publié le
- Mis à jour le 25 mars 2025
Natacha Paquier n’avait aucun signe avant-coureur. À la suite d’examens et à seulement 30 ans, elle apprend que ses reins ne fonctionnent plus. Sa première greffe aura tenu 11 ans, et à 48 ans, elle est de nouveau en liste d’attente. Récemment labellisée Ville ambassadrice du don d’organes, Commentry donne la parole à cette femme dynamique.
Quand on lui annonce qu’elle souffre d’insuffisance rénale, due à l’hypertension artérielle, la vie de Natacha bascule : « Ça m’a fait un coup. J’avais mes enfants, Maéva et Corentin, qui étaient petits, c’était très dur. J’étais très souvent hospitalisée. »
« J'étais monté à 23 de tension, mais je ne le sentais pas. Pas de maux de tête… j’étais très active. C'est ce manque de signe avant-coureurs qui n'est pas bon. Maintenant j’ai un traitement. Dans ma famille, mon papa était cardiaque, ma maman était comme moi, hypertendue, également ma tante, ma grand-mère…et mon frère en ce moment qui se soigne pour la tension. »
La dialyse devient alors son quotidien, au début à domicile, trois fois par jour pendant 25 minutes, mais, quand son corps ne tolère plus ce type de soin, elle doit se rendre à l’hôpital de Montluçon : trois séances par semaine, quatre heures à chaque fois. Malgré tout, elle garde le moral et s’accroche. « J’ai toujours bien réagi. Bon, au début ce n’était pas facile, avec les dialyses, la fatigue… mais je me dis que je suis bien accompagnée, j’ai du monde avec moi, ça aide aussi quand même ! J’ai mes enfants, ma petite fille, des copines…j’ai mon conjoint, avec qui je suis depuis 13 ans, et qui est là aussi ! Si j’étais toute seule par contre… »
En 2012, après quatre ans de dialyse, elle bénéficie d’une greffe. « Ce jour-là, tout a changé. J’ai pu revivre normalement, reprendre des projets, voyager… C’était une autre vie quand même ! » Pendant 11 ans, elle profite pleinement de cette seconde chance. Mais en 2023, son greffon montre des signes de faiblesse.
Depuis avril 2024, elle est de retour en dialyse, dans l’attente d’un nouveau donneur compatible . « Je suis déjà passée par là. Malheureusement, je savais qu'un jour, je devrais refaire ce parcours. » Le médecin l’avait effectivement informée qu’une telle greffe pouvait tenir cinq, dix, ou même vingt ans, selon les cas.
« Je sais qu’un jour où l’autre ils m’appelleront : “Madame Paquier, on a un rein pour vous, venez !” J’irai à Clermont-Ferrand et puis ce sera fait. Lors de ma première greffe, ça s’est très bien passé, je n’ai pas eu de rejet. On a beaucoup d’examens post-opératoires pour surveiller le rein ; tous les quinze jours, après une fois par mois, et puis ça diminue. Après, c’est reparti, on vit comme tout le monde ! Il n’y a plus ces dialyses, c’est ça le plus pénible. Je ne suis pas restée hospitalisée longtemps, seulement une semaine, comme si j’avais eu l’appendicite ! L’équipe médicale et mes proches m’ont même trouvé un surnom : la guerrière ! Ils m'appellent ainsi parce que je ne me plains jamais. »
Un surnom qui lui va bien.
À l’occasion de l’inauguration officielle du label Ville ambassadrice du don d’organes, le vendredi 20 décembre 2024, Natacha Paquier était présente pour témoigner de son parcours et de l’importance du don d’organes. Ravie de cette initiative portée par la ville, elle a souligné combien cette démarche pouvait sensibiliser et encourager les habitants à se positionner sur ce sujet essentiel. Car au-delà de son propre combat, Natacha tient surtout à sensibiliser les Commentryens au don d’organes.
À celles et ceux qui se sont d’ores et déjà engagés dans cette démarche, Natacha se réjouit : « merci, c’est une très bonne initiative ! » et pour ceux hésitent, elle leur apporte sa vision : « vous pourriez faire vivre une autre personne » et ajoute « malheureusement, on est décédé, donc autant en faire profiter une personne qui peut encore vivre, non ? Moi je le vois comme ça ».
J’ai d’ailleurs remercié intérieurement mon donneur et mon nouveau rein, que je surnomme Désiré. C'était ma tante qui l'avait appelé comme ça, on l’avait tellement attendu. Il est toujours là, mais il ne fonctionne plus Désiré !
Aujourd’hui, un appel du CHU de Clermont-Ferrand pourrait tout changer. « J’attends. Ça fait bientôt un an… on verra bien, mais ça viendra de toute façon ! C’est pour ça que je garde le moral. » Un état d’esprit qui l’accompagne au quotidien.